Allan Kaprow était l'élève de John Cage à la New School for Social Research où Cage enseignait la composition de musique expérimentale. Kaprow utilisa le concept d'expérience de la perception de Cage pour le convertir en paramètre qui permettrait à la réalité de faire irruption dans l'art, c'est-à-dire l'apparition de la vie dans l'art.
En 1959, il présente à la galerie Reuben à New York, sa première représentation publique : 18 happenings in 6 parts. Kaprow décide de donner une plus importante " responsabilité " aux spectateurs. Il commence en envoyant des invitations où il écrit " Vous ferez partie intégrante des happenings ; vous les vivrez simultanément ". L'atelier où se déroulait le happening avait été divisé en trois pièces distinctes séparées par des cloisons de plastique. Dans ces pièces étaient disposées des chaises en cercle ou en rectangle obligeant le spectateur a regarder dans différentes directions.
Durant le happening il y eu des projections de film et de diapositives, de la danse, de la musique, du texte parlé, une sculpture sur roues, des " constellations de bruit ", des gestes anodins et la production d'un tableau. Tous cela regroupe un grand nombre d'art et n'est pas s'en rappeler l'événement sans titre de John Cage mais aussi la production de la peinture Hommage aux poètes du monde entier de Mathieu. Kaprow allie événement et expérience visuelle et auditive.
Le public qui assistait à cet événement n'a pas pu assister à l'action dans sa globalité car les pièces étaient séparées. L'artiste met donc le spectateur dans une situation un peu inconfortable car il sait qu'il ne verra pas l'ensemble de l'action. Dans ce premier happening réalisé, le public n'avait pas de réelle intervention, il se contentait d'être un acteur passif de l'événement.
Mais par la suite, il prévue des actions et des installations qui mettaient à part égale l'artiste et le spectateur. Par exemple pour Yard, Kaprow avait accumulé une énorme quantité de pneus de voitures dans une cour où les visiteurs avaient l'occasion d'être actif en traversant cette cour remplie de pneus où en se contentant d'observer. Ces happenings ont toujours un côté ludique. Kaprow donna sa définition du happening qui pour lui n'a " aucune signification " et ne sert qu'à désigner " quelque chose de spontané, quelque chose qui advient fortuitement ".
En parallèle dans les années 1950, au Japon, le groupe Gutaï (composé entre autre de Kudo Tetsumi et Murakami Saburo) se fait connaître par des actions surprenantes et spectaculaires comme celui d'ouvrir un passage en déchirant des écran de papiers successif.
Mais Kaprow a véritablement lancé le mouvement et dès lors les happenings vont se diversifier et toucher un grand nombre d'artiste. En effet, de nombreux happening se développent à New York avec par exemple Oldenburg, Robert Whitman, Red Groom… Malgré cela, aucun groupe de happening ne se forma, il n'y eu jamais de manifeste. Mais les artistes adhérèrent à l'idée d'action et réutilisèrent le concept comme bon leur sembler.
Les artistes les plus représentatifs de ce mouvement sont George Brecht, Dick Higgins, George Maciunas, Robert Whitman, Red Grooms, Ben Vautier, Jean Jacques Lebel et Joseph Beuys. Le premier happening européen a lieu à Venise en 1960, il est réalisé par Jean Jacques Lebel et se nomme L'enterrement d'une chose.
Le phénomène se propage dans les années 1960 et des groupes comme Fluxus ou l'actionnisme Viennois vont faire des performances leurs outils de production artistiques.
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